Ballade au pied des terrils
Bien connu des chasseurs et des promeneurs du dimanche, les terrils d’Haillicourt (ou jumeaux de la fosse 6) offrent une magnifique aire de promenade.
Ces deux terrils, plus petits que leurs frères du 11/19 de Loos en Gohelle, reconnus comme les plus grand d’Europe (188 m d’altitude et 150 millions de tonnes), font partie des terrils les plus imposants et sont certainement les plus beaux de l’ouest du bassin minier.
Une balade de quelques heures est idéale pour découvrir la nature et le paysage qui nous semble si familier mais que nous ne connaissons finalement pas ou mal.
La plaine au pied des terrils change de couleurs au fil des saisons et permet de découvrir une faune et un flore insoupçonnées.
Lièvres et lapins traversent les chemins quelques mètres devant nos pieds. Perdrix, faisans et autres passereaux se lèvent à tout moment sous le regard envieux de quelques renards cachés dans les fourrés. Il est même possible d’apercevoir les grenouilles et les salamandres qu’ abrite le petit marais.
Inutile de préciser qu’une paire de jumelles est indispensable pour profiter de ce petit monde ou pour explorer les environs depuis le sommet de nos deux montagnes.
Du haut des terrils
Contrairement à leurs grands jumeaux de Loos en Gohelle, les terrils d’Hallicourt ne sont pas difficiles à escalader. D’en haut, les points de vue sont formidables !
Le sommet de l’un domine le Bruaysis et le paysage des Flandres. Le Mont noir se dessine même à l’horizon par temps clair. Du sommet de l’autre on a une vue imprenable sur les collines d’Artois et de ses petits villages entourés de verdure.
Les petits conseils sont de s’équiper de bonnes chaussure de marche, de vêtements chauds car en haut le vent souffle et surtout de prendre son temps pour observer et profiter du paysage.
Un peu d’histoire
La compagnie des mines de Bruay entame les travaux de forage des puits 6 et 6 bis en septembre et avril 1909, lesquels entrent en production en 1913. On appelle alors la fosse 6, « fosse Marmottan ». En 1915, est érigé le 6 ter, destiné à ventiler les galeries.
D’emblée, et malgré les bombardements intensifs de l’armée allemande, les mineurs à l’ouvrage atteignent des pics de productivité impressionnants qui soutiennent l’effort de guerre. De 2, on passe à 4,5 millions de tonnes de charbon extraites entre 1914 et 1917. Ironie du sort, en 1940, les résultats, toujours aussi excellents, servent cette fois les intérêts de l’économie teutonne… Une situation d’autant plus difficile à accepter pour les mineurs qu’ils ont tous à l’esprit le lâcher meurtrier de cinq bombes par l’aviation allemande le 28 septembre 1940 où périrent, brulés par l’embrasement des poussières, 34 mineurs de jour.
Choisie après-guerre comme « fosse de concentration » (en 1954, les fosses 4 et 7 sont concentrées sur la fosse 6), le site se modernise dès 1951. Le puits 6 devient puits de retour d’air, et le 6 ter est équipé d’un chevalet haut de 58 m, de deux skips (des bennes à charbon) et surtout d’une machine d’extraction de 4 250 CV.
Résultat, on remonte à l’époque, tenez-vous bien, 13 tonnes de charbon à la minute ! Un nouveau lavoir est installé dans la foulée, d’un débit de 900 tonnes à la minute, et les « jumeaux » du 6 ter et du 6 bis commencent à pousser… Le grand ensemble du 6 devient l’une des plus puissantes installations du bassin avec une production avoisinant les 6 000 tonnes jour.
Sa réputation lui vaut la visite de De Gaulle, le 25 septembre 1959. Pour l’anecdote, le Général avait emmené dans ses valises un bleu à sa taille pour descendre au fond ! Il avoua, après coup, avoir pris l’une des meilleures douches de toute sa vie…
En mai 1967, la fosse 7 de Noeux est raccordée au 6 à 851 m de profondeur. Mais épuisées, les profondes veines de charbon (- 1 000 m) s’amenuisent et à partir de 1973, la production ne cesse de diminuer. Le jeudi 6 septembre 1979 remontent les dernières berlines de « la taille 163 de 16e ». Une page d’histoire se tourne. Le 6 de Bruay était la dernière fosse de l’ouest du bassin encore en activité.




Excellente page, merci pour les détails sur l’origine des terrils et l’exploitation du charbon