Le plateau des Bolovens : 2 râleuses sur une moto

Le plateau des Bolovens : 2 râleuses sur une moto

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En préparant le parcours du Laos, j’ai vu qu’on pouvait faire une boucle en scooter pour découvrir le paysage et visiter des cascades. Cette boucle se situe sur le plateau des bolovens. Après concertations et négociations entre nous, nous avons choisi de faire la petite boucle sur 3j/2n histoire d’y aller tranquille (Céline étant terrorisée à l’idée de conduire une moto). Toutes les personnes que nous avons croisées nous ont conseillé le magasin “Miss Noy” pour louer les scooters. Comme nous sommes un peu en hors saison, on n’a pas eu besoin de réserver en avance les scooters comme nous avons pu en discuter avec les voyageurs de http://www.blouptrotters.com/carnet-de-voyages/laos/le-plateau-des-bolovens-un-circuit-trop-touristique/.  Arrivées à Paksé, on décide de chercher le magasin de Miss Noy. Le trip scooter est un petit challenge pour Céline qui n’en a jamais fait, mais le mari de miss Noy est un Belge qui parle très bien français et on se dit qu’il pourra tout nous expliquer en détails. Les gens nous ont conseillé de prendre un scooter automatique histoire que ça soit plus facile à gérer. Arrivées au magasin, le gérant ne veut pas nous louer des scooters automatiques et nous explique que c’est beaucoup mieux de prendre des semi-automatiques pour avoir un frein moteur en descente et pouvoir changer de régime en montée. Il nous emmène dans une rue pas très passante et voilà que commence la prise en main des scooters. Céline est un peu hésitante mais au bout de 2 min, elle arrive à gérer les vitesses comme un chef. Pour ne pas démarrer trop fort, il nous conseille de partir en 2nde voir en 3eme, ce qu’on ne fera pas très longtemps après.
Avant la boucle, on essaie les scooters sur une journée er on décide d’aller visiter Champassak qui est à une heure de route de Paksé.
La fin de la route pour arriver à Champassak est un chemin de terre.  Le Vat Phou (en Lao, ວັດພູ ‘wāt pʰúː : « temple de la montagne », vat phu) surplombe une colline des monts Pasak, située dans la province de Champassak, à l’extrême sud du Laos. Le point culminant de la chaîne de montagne, le Phou Kao, a une forme particulière, identifiée dans l’antiquité à un lingam, symbole phallique de Shiva (c’est des gros penis en fait) d’où son nom ancien de Lingaparvata, et sa réputation de montagne sacrée. Une source présente sur le site a vraisemblablement incité les anciens rois de la région à installer là un sanctuaire shivaïte.
Les laotiens ont beaucoup d’imagination… Après lecture d’un guide, on est à la recherche d’un crocodile, de l’empreinte de bouddha, d’un éléphant et d’une source sacré. Ce qui est sûre c’est qu’il y a plein de moustique et qu’eux nous trouvent facilement.
On se pose pour admirer la vue sur la région avant de reprendre la route pour rentrer.
En arrivant vers Paksé, on voit un grand bouddha juché sur la colline et le coucher de soleil se rapprochant, on décide de s’y arrêter pour profiter de la vue.
La journée avec les scooters s’étant super bien passée, on décide donc de louer un scooter chacun et de faire la boucle des bolavens. On la fera avec les français que l’on a rencontré à la Luang Prabang : Thibaud et Julie. Les autres voyageurs que l’ont a rencontré à Luang Prabang, Jens et Rihanne, un couple de hollandais ainsi que Daniela, une autrichienne et Vincent un canadien, feront la route de leur coté, histoire qu’on ne soit pas un trop gros groupe.
Première étape, on passe la ville des des forgerons où l’on ne s’arrêtera pas pour contenir l’envie de Thibaud d’acheter une machette. Imaginez passer la frontière avec une machette alors qu’ils sont à cheval sur les fruits…  On aura un arrêt obligé dans un café au bord de la route, à cause de la pluie. Dans le magasin personne ne parle anglais, on essaie alors de dessiner ce que l’on veut boire. L’épisode est assez comique, on abandonne l’idée de manger et on finira la tête dans le frigo pour choisir des boissons toutes faites. On enchaîne les parties de belote jusqu’à ce que le reste de la troupe nous aperçoive en scooter. On continue avec eux jusqu’aux chutes d’eau Tad Pasuam.
Eux se poseront pour manger et Céline, Julie et moi, jouerons la sécurité en continuant à rouler pour ne pas conduire de nuit. Nous avons bien fait car nous arrivons à notre guesthouse chez Mama Pap à Tad Lo, juste avant l’orage. Les autres arriveront trempés.
Le confort est assez rudimentaire : des matelas deux places posés sur le sol, sous des vieilles moustiquaires. La nuit est si peu chère que l’on décide de s’offrir le luxe de prendre un matelas deux places chacune. Youhou! Le choix du lit est assez long car certains sont déjà occupés par des petits habitants, de minuscules insectes qui sont sûrement tombés en dépliant la moustiquaire. Le plateau des bolovens est assez touristique ce qui nous permet d’aller boire un verre en attendant les autres et de rencontrer de nouveaux voyageurs qui font aussi la boucle.
Le lendemain matin, on a l’info par Mama Pap que les éléphants sont emmenés à la rivière pour leur bain matinal mais vu qu’il a plu la veille la sortie n’est pas garantie. Vers 7h30, on se dirige vers la rivière. Il y a des pêcheurs qui pêchent au filet au milieu de la rivière mais pas d’éléphants à l’horizon. On remonte un peu le long de la rivière mais rien à part une cascade. Au bout de 15min, on désespère, on demande finalement aux pêcheurs et ils nous disent qu’il n’y a pas d’éléphant apparemment à cause de la pluie de la veille. Nos espoirs s’effondrent jusqu’à ce qu’on aperçoive à travers les feuillages un majestueux éléphant dirigé grâce à ses oreilles par un local.  L’éléphant est super bien dressé et selon la pression sur l’oreille,  il se dirige d’un côté et de l’autre. Lorsque qu’il se met debout,  il se stabilise et descend le long de son dos pour lui dire de s’asseoir dans l’eau. Le spectacle est assez impressionnant. L’éléphant pourrait le briser en deux mais il se laisse faire sans broncher. Dès que l’éléphant est dans l’eau, l’homme le nettoie en le frottant avec sa tong.
Une fois le bain terminé,  ils repartent tranquillement d’où ils sont venus, et nous suivons leur exemple. Au programme petit déjeuner copieux pour prendre des forces (pancake banane/chocolat, jus de fruit) et on remonte sur nos montures. Le temps qu’on petit déjeune, et qu’on plie nos affaires, il se met à pleuvoir. On décide de patienter un peu en jouant aux cartes et en mangeant dans le resto d’en face, petite soupe de citrouille et salade. Au moment de partir, Céline a une petite montée de stress, et en voulant rejoindre la route, elle dérape sur les graviers. J’ai peur pour sa cheville mais elle n’a rien, juste un peu les nerfs, un rétro s’est brisé. Le stress passé, elle prends un autre scooter, on préfère qu’elle est les deux rétros. Elle repart vaillamment sans aucune crainte, elle m’impressionne, comme si le fait de l’avoir fait tomber l’avait soulagé. On repart sur nos montures pour aller jusqu’à Tad Soung pour aller se baigner dans une chute d’eau. Le village est typique, avec un chemin en terre rouge. Au moment où on arrive, on se prend une averse, on se met à l’abri puis un villageois nous fait comprendre qu’on peut garer nos scooters devant chez lui, qu’ils seront surveillé moyennant finance. On paye pour être sûrs de repartir avec nos scooters. Un autre nous propose un abri et du coup, on joue aux cartes. On essaie de lui demander si c’est possible d’avoir à manger et il nous fait signe que oui. On est trop heureux mais notre joie est de courte durée car il nous amène des bols avec des baguettes mais il n’emmènera jamais de contenu… Finalement, il n’avait pas du comprendre nos signes. Après l’averse, on veut voir les chutes d’eaux, on suit les indications de notre livres et on tombera sur des enfants qui nous conduiront gentillement à l’endroit. Il n’y a pas beaucoup d’eau dans la chute d’eau mais assez dans la vasque pour que les enfants nous montrent comment grimper et faire des sauts de la falaise. On passera de bons moments à sauter puis l’orage se déclenchant, on se met à l’abri chacun où il peut. J’entends Céline hurler et je la vois tétanisée en regardant le sol avec insistance. Un énorme scolopendre noire avec les pattes rouges d’une trentaine de centimètre vient de passer à quelques centimètre de ses pieds. Pour info, rappelons que l’animal en question est venimeux… Il voulait surement se mettre aussi à l’abri mais c’est sûr que ça fait bizarre de voir passer ça comme ça. L’orage se renforce, je décide donc de retourner au village. Céline et Thibault font confiance aux enfants mais moi qui me dit que les enfants n’ont pas forcément un jugement très fondé, la montée des eaux me fait peur et on se trouve dans le lit de la rivière. J’avoue, je fais ma tête de cochon et comme dans les films d’horreur on fait de groupe de deux. Mes amis connaissant ma stabilité légendaire, ils imaginent bien mon équilibre sur une terre glaise trempée. Apres deux-trois glissades, on arrive au village et on se met à l’abri sous une maison. Ne passant pas inaperçu, les enfants du village viennent nous voir et on fait des jeux avec eux. Quelques minutes plus tard, Thibaud et Céline ont profité d’une accalmie pour nous rejoindre. On joue à la marelle et au dé tous ensemble, le moment est assez magique. Grâce au guide, on a appris en live les chiffre pour jouer avec eux. Les enfants qui nous ont emmenés à la cascade demanderont finalement de l’argent mais pour ne pas que les touristes soient vu comme un porte monnaie, on leur donnera des gâteaux et des bonbons. Tous les enfants auront un bonbon et un gâteau mais les grands n’ont pas très envie de partager avec les plus petits. Après la distribution, on replie nos affaires et on prend la route avant que la nuit ne tombe.
Direction Paksong pour effectuer notre deuxième nuit de la boucle. On s’arrêtera sur la route à différentes chutes d’eau, les chemins de terres rouges pour y accéder sont trempés et très glissants, je finirais le nez dans la boue rouge discrètement, sans que personne ne me voit glisser. Le problème, la terre rouge qui n’est pas très discrète tout le long du scooter et sur moi… La constante de cette virée est la pluie, on arrive donc trempés à la ville et on ne trouve pas de guesthouse à prix raisonnable avec de l’eau chaude. On fait nos râleuses mais avec la pluie, on est congelée et on rêve d’eau chaude. En France, on ne se rend pas compte de la chance qu’on a d’avoir de l’eau chaude/froide à volonté, et de surplus potable. On arrive à trouver ce que l’on veut, on est tellement épuisé et surpris du prix pas cher qu’on se demande si il n’y a pas d’entourloupe. Mais non cet hôtel est juste providentiel. Thibaud file s’acheter un manteau et des fringues sèches. Il ne se rendra pas compte que la taille asiatique n’est pas la même qu’en Europe et que le caleçon qu’il a acheté au dernier moment ne pourra même pas laisser passer une jambe. Nous l’histoire nous aura fait rire, lui peut être un peu moins… On se trouve un petit resto pour manger et se réchauffer puis une bonne nuit nous aidera à finir la boucle. Le lendemain, il reste encore des cascades tout au long de la route  mais Céline et moi sommes trop épuisées pour nous arrêter à chacune et rentrons directement sur Paksé (et puis au bout d’un moment, une cascade en vaut une autre…). Thibaud et Julie, quant à eux, continuent le périple avec tous les petits stops possibles.
 La journée et notre trip se finissent, on ramène les scooters à bon port. Céline paye l’équivalent de 20 cts pour le rétro cassé (pas les mêmes prix qu’en France…) et rend un scooter couvert de boue.
On achète directement nos billets pour le bus du lendemain, direction Don Det et les 4000 îles, dernière étape laotienne avant le passage de la frontière cambodgienne, et on va fêter notre périple au resto avec tous les autres. Bilan de l’opération : 3 jours en moto sous la pluie, à éviter les trous sur la route et les poulets, rien à dire, on aura vraiment tout fait pendant ce tour du monde…
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