En route vers Luang Prabang : et le Laos nous éblouit

En route vers Luang Prabang : et le Laos nous éblouit

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Nous quittons donc Sapa vers notre nouvelle destination et un nouveau pays : le Laos. On ne savait pas trop à quoi s’attendre avec Audrey et moi, j’avoue, j’étais un peu sceptique sur la chose, plus enthousiaste à l’idée d’aller au Cambodge. Je me disais “bon le Laos c’est sur la route alors autant aller voir ce que ça vaut, on ne sait jamais“. Oui, on ne sait jamais… à quel point on peut se tromper. Chers amis, je vais vous spoiler la suite tout de suite : le Laos fut le gros coup de coeur asiatique. Voyons de plus près pourquoi.

Ça n’avait pourtant pas super bien commencé. La route fut longue et mouvementée. Le passage assez ardu. Première étape : bus de nuit pour Dien Bien Phû, dernière ville étape vietnamienne. Bon, là, pas grand chose à dire, bus de nuit vietnamien, nos préférés de l’aventure. On arrive à Dien Bien Phû aux aurores et le chauffeur disparaît en nous disant vaguement qu’il faut attendre 2 heures pour que la frontière laotienne ouvre ses portes. On attend, on comate, on va se chercher un vague café et un semblant de petit déjeuner et puis c’est reparti pour un tour. Le chemin s’infiltre dans les montagnes, c’est escarpé, et après 60 kms de virages, on atterrit à un poste frontière au milieu de nul part. On avait lu sur des blogs que les douaniers laotiens sont des filous en matière de corruption et Audrey avait décidé de faire sa warrior pour les affronter. C’était sans compter sur un bus de touristes peureux qui ont préféré payer un surplus plutôt que faire poireauter tout le monde. Erreur puisqu’au final on a attendu plus que de raison…

Donc c’est Audrey qui commence la confrontation. Elle donne son passeport, elle paye ses 30 $ de visa, elle sourit, elle attend, les douaniers lui font le visa… et au moment de lui rendre son bien lui demande 2 $. Oui comme ça 2 $ pour avoir le droit de récupérer son passeport. Donc Audrey sourit de plus belle et précise “non, c’est gratuit, je veux mon passeport“. Les douaniers lui sourient aussi et lui disent “très bien mademoiselle. Donc on va garder votre passeport. Vous pouvez circuler.” Et là on ne sourit plus. Audrey commence à fulminer “non, je ne payerai pas, je sais que c’est gratuit, rendez moi mon passeport, vous n’avez pas le droit de le garder“. Et les douaniers s’énervent aussi “no, no visa, visa canceled, go back to vietnam“. Ah, ah, ah… Elle ne se laisse pas démonter et fait un sitting devant le poste de douane. Le douanier met son passeport de côté, l’ignore et s’adresse aux autres personnes derrière elle. Ça devient tendu. Alors qu’on s’était tous promis de résister, chacun cède l’un après l’autre et paye les 2 $, suivi de 1 $ de taxe touristique et 2 autres $ de tampons divers et variés. Et voilà, nous sommes en plein dedans : corruption quand tu nous tiens. Et on a l’air bien malines à 60 km  de toute trace humaine + un bus rempli qui attend. Du coup on cède aussi. On rage mais c’est ainsi. Quelques minutes plus tard, on a notre passeport et notre visa. Mais notre attente au poste frontière ne va pas s’arrêter là. On remonte tous dans le bus et on attend notre chauffeur… qui ne vient pas. On attend, on attend, 10, 20, 30 mns et commence à s’énerver.

Le voilà coincé à la douane pour une sombre histoire de taxes commerciales. Alors on n’a jamais compris pourquoi on a attendu à cet endroit, si les denrées transportées (le bus était plein de cartons divers et variés) étaient particulièrement taxées ou simplement illégales, mais je vais vous la faire courte : après 4 HEURES d’attente à subir le bras de fer entre notre chauffeur vietnamien et la police laotienne, on a tous débarqué en force pour exiger le départ du bus. Quelqu’un a du céder (on ne sait toujours pas qui) et, 200 $ de taxes payées plus tard, nous voilà repartis pour notre nouveau pays. Bon, on était un peu désabusés au vu de l’épisode qu’on venait de vivre mais on a très très vite oublié tout ça. Parce qu’une fois la frontière passée, le Laos nous accueille et on voit ça :

Des immenses étendues de verdure, des montagnes à n’en plus finir, des arbres gigantesques. On est sonné… et émerveillé.

Notre bus doit nous déposer à la première ville laotienne et nous n’avons pas de plans bien précis. Le reste du groupe va directement à Luang Prabang et nous hésitons à ajouter quelques deniers avec Audrey pour tracer directement. Et puis finalement non. Nous sympathisons avec Isi et Dan, un coupe germano australien, qui a décidé de descendre jusqu’à Luang Prabang en bateau. Alors, je ne suis pas fan des bateaux et des eaux troubles (sans parler de la maintenance laotienne en matière d’embarcation), mais Audrey finit de me convaincre de tenter l’aventure. Décision prise : nous descendons à Muang Khua où nous passerons la nuit avant de filer sur Nong Khiaw en slow boat.

Arrivés à Muang Khua, nous allons retirer nos premiers kip laotiens et bookons une chambre à un prix dérisoire avec vue sur le Mekong. Ah, ce Mekong que nous avons déjà côtoyé au Vietnam et qui va nous suivre pendant toute la durée du périple laotien… On sort faire un tour avec Isi et nous sommes transportés par la beauté des lieux.

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Nous passons le pont pour aller de l’autre côté du village et trouvons le seul restaurant qui est ouvert. On se fait vaguement comprendre mais arrivons déjà à commander des bières, des Beer Lao, que nous dégustons en regardant le temps passer.

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Puis nous sommes interpellées par un local qui vient s’asseoir à notre table. Déçues par certaines déconvenues passées (quand un local vient t’aborder, c’est rarement bon signe), nous restons vigilantes. Il nous explique qu’il habite la ville et qu’il souhaite pratiquer son anglais. Soit. Il propose de nous payer des verres… Hum, ça sent l’entourloupe. Mais on se laisse faire, pourquoi pas, soyons folles. Et bien, on a bien fait. Le jeune homme en question s’avère sincère et après avoir bu 2 bières avec nous, il part gentiment sans nous embêter. Et il paye vraiment l’addition. Première bonne surprise du jour. S’en suit notre commande de nourriture. Des plats gargantuesques qu’on arrive à peine à entamer, nous finissons par les offrir à la tablée voisine.

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Repas pour une personne mais en fait non, c’est pour 5 

En partant, c’est le déluge. Ah bah oui, quelle idée d’aller en Asie du Sud Est en période des pluies… Et c’est pas des petites pluies gentilles, quand il pleut, il pleut. On court se réfugier sous une bâche. Les locaux à qui elle appartient nous invitent à rentrer dans leur demeure. On attend gentiment bien à l’abri que le temps se calme. En guise de remerciement, j’offre à notre hôtesse un des bracelets offerts par Su à Sapa. Elle semble particulièrement émue et nous partons en courant retrouver nos chambres de l’autre côté du pont.

Le lendemain, départ du slow boat à 9h30. Le capitaine a bien compris le plan et nous propose un prix hallucinant en comparaison du coup local (en gros quasiment le même prix pour 5 heures de bateau + 2 h de bus alors que le tout en bus est bien plus rapide). Mais bon, on chipote pas trop, l’idée étant de vivre une nouvelle expérience. Alors on paye et… on attend que le bateau se remplisse.

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En attendant le départ du slow boat, on s’occupe comme on peut (moine avec un smartphone)

Plus d’une heure après, le capitaine se décide à partir. Ouf. Et là… Oui le Mekong c’est brun, oui, l’embarcation est sommaire, oui, nos affaires sont toujours à deux doigts de basculer par dessus bord… Mais ça vaut 100 fois ce que nous sommes en train de vivre. Le Laos s’ouvre à nous et nous présente ses splendeurs.

Cinq heures plus tard, nous arrivons à Nong Khiaw, dernière ville accessible par bateau. Nous avons la possibilité de partir directement pour Luang Prabang ou de rester sur place pour la nuit. Nous ne voulons pas arrêter l’enchantement tout de suite, la ville se sera pour plus tard, pour l’instant nous dormons à Nong Khiaw dans un hotel à 5 $. On en profite pour manger (nous sommes affamés) et découvrons la spécificité laotienne en matière de repas : en tant qu’ancienne colonie française, le pays dispose d’un panel de mets plus savoureux les uns que les autres. On se gave d’œufs, bacon, pain et smoothie. Nous sommes au paradis. La soirée aura aussi le mérite de me permettre de faire ma rencontre avec la seule araignée monstrueuse du voyage. Attablée avec Isi et Dan, je la vois passer le long du mur de l’hôtel. Je me mets à hurler, Audrey ouvre la porte de la chambre et elle en profite bien sûr pour s’y faufiler. La blague. Cachée sous le tapis, je hurle de plus belle, et le gardien de l’hôtel vient à ma rescousse. D’un coup de tong, il lui fait sa fête (oui, désolée amis de la nature, je n’étais pas partie pour cette option, mais j’avoue que ça m’a rassurée).

Ouf, je vais pouvoir dormir en paix. Le lendemain nous saluons Isi et Dan qui souhaitent rester un jour de plus et nous partons pour Luang Prabang où nous avons prévu de nous retrouver 2 jours plus tard. Dans le bus, nous rencontrons Julie, une lyonnaise qui finit un périple en Asie après 2 ans en Nouvelle Zélande. Nous sympathisons et décidons d’aller dans le même hôtel. Nous ne le savons pas encore, mais nous ne sommes pas prêtes de nous quitter de sitôt.

Alors Luang Prabang c’est… magnifique. C’est beau, propre, à taille humaine, et son vieux centre longe encore et toujours ce majestueux Mekong. Honnêtement, c’est une ville où l’on peut rester des jours et des jours sans bouger. Déjà notre hotel n’était pas mal du tout : chambre correcte à petit prix, café et banane en libre service, repas du soir inclus et… whisky maison offert. Ah ! Le fameux lao lao, ou le piège laotien dissimulé. En gros, le lao lao, c’est comme la tequila. Tu le bois en shot, c’est pas bon mais convivial, et très vite tu ne sais plus trop ce que tu fais. Sans parler des lendemains fatals… Je vais bien vite m’en rendre compte.

A l’hôtel nous rencontrons Jens et Rihanne, un couple de hollandais ainsi que Daniela, une autrichienne. Nous sympathisons et c’est parti pour la tournée de lao lao. Je ne me souviens plus de tout à part que nous avons fait un challenge du pays à l’humour le plus noir (et la France est large devant, merci à notre ambassadrice, j’ai nommé moi-même), que nous avons joué avec la perruche de l’auberge qui se baladait par là, en liberté, que je suis montée me préparer pour aller dans un bar et que je ne suis jamais redescendu… Voilà, voilà… Mais au moins j’ai bien fait rire Audrey.

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Notre meilleur pote au Sok Dee Guesthouse

Le lendemain, on n’a rien fait. Voilà, on commence notre cure de relaxation asiatique : lever tard, discussion autour d’un café, balade le long du Mekong, lecture de livre, soupe de crevettes et marché de nuit. Nous avons quand même réussi à retrouver Isi et Dan le soir même au Lao Lao garden, un splendide bar en extérieur. Puis, le surlendemain, on s’est rattrapé. On s’est tous rejoint pour aller au chutes de Kuang Si. C’est apparemment LE truc à faire dans le coin. Rendez-vous pris au petit matin dans un super café à la française. Bon, on ne s’est pas bien compris sur le lieu de rendez-vous mais on a finalement réussi à rallier la troupe là où on s’était posées avec Audrey. Et on a bien fait : le petit déjeuner était excellentissime (oui, je sais, je parle beaucoup de nourriture, mais la nourriture c’est la vie hein, et à Luang Prabang elle est particulièrement savoureuse). Je ne résiste d’ailleurs pas à en mettre une photo :

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Puis direction les chutes. On négocie un tuk tuk et c’est parti pour une heure de route. Isi se met à son aise en s’allongeant dans le hamac du chauffeur. Et nous on regarde la route défiler.

Quand on arrive aux chutes, on passe d’abord par un sanctuaire de sauvegarde des ours locaux. Ils sont tout mignons, ils barbotent dans leur petite piscine ou font les loques allongés au soleil.

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Puis on arrive aux fameuses chutes… C’est juste éblouissant. Je vous laisse juger par vous-même :

Mais bien sûr Audrey et moi on peut pas s’arrêter alors on court au sommet chercher les fameuses “secret waterfall”, une partie des chutes peu connues du public où l’on peut se baigner en toute tranquillité. Bon, et bien c’est officiel. On n’a pas trouvé les secret waterfall mais on a trouvé des ampoules au pied en marchant les 3 kilomètres pour atteindre un autre espace de baignade entouré de grottes mystiques. C’est bien aussi mais on n’a pas eu trop le temps d’en profiter. Alors pour le coup, on était quasi seules et on a pu jouer avec le serveur du bar qui proposait le challenge suivant : atteindre l’autre côté de la rive sans tomber en marchant sur un rondin de bois. Le prix ? Une bouteille de bière. Challenge accepté mais challenge foiré. Tant pis, je me console avec une bière payante pendant que le serveur nous nargue à passer l’obstacle les yeux fermés, avec une canette sur le nez ou tout simplement à l’envers.

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De retour au pied des chutes, on retrouve Isi et Dan en plein barbotage et on s’amuse à faire des sauts dans l’eau turquoise. Malheureusement, on n’a pas trop de temps, et il faut déjà rentrer.

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“Hi hi ! nous on s’éclate ici !”

De retour, on part se changer et c’est direction le marché de nuit. Ca aussi c’est quelque chose le marché de nuit de Luang Prabang. Tout est beau, accessible, bien rangé. Les étales de céramiques côtoient ceux de jus de fruits frais dans une harmonie de couleurs irréelles. Au milieu, des moins font leurs emplettes. On pourrait y passer des heures à observer tout ce ballet synchronisé mais la faim commence à nous tenailler.

Donc nous débarquons dans la petite rue des buffets et c’est l’hallu. Le buffet à volonté est à…1.5 $. Oui, voilà, 1.5 $ comme ça. Et en plus c’est super bon. L’idée c’est que pour ce prix là, tu as une assiette et tu l’as remplie au maximum, dessert inclus. Du coup ça ressemble plus à grand chose mais tu te régales quand même.

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Le buffet magique à 1.5 $

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Audrey, Dan et Isi, attablés au marché de nuit

On termine la journée assez tôt, nous sommes épuisés (eh oui ! on a crapahuté aujourd’hui et la douceur de vivre nous assomme). Nous nous disons au revoir avec Isi et Dan, ils continuent leur périple vers la Thaïlande. Pour nous ce sera encore une journée complète à Luang Prabang. Le lendemain matin nous nous levons vers 5 h du matin pour aller observer la procession des moines dans la ville. Tous les matins, vers 5h30, ils viennent des temples alentours (en mini van s’il vous plaît), récupérer les offrandes des locaux. L’ensemble ayant viré en une petite attraction pour touristes, des vendeurs proposent d’acheter gâteaux et bonbons pour la bonne cause. Mais nous sommes prévenues, ils ne prennent que le riz, et s’il l’on n’est pas bouddhiste, il n’est traditionnellement pas accepté de participer aux offrandes. Du coup, on vient juste observer la session.

Les moines récupèrent les offrandes dans leur panier d’osier puis en redistribuent certaines aux enfants qui mendient. Puis changent de rue. Et l’opération se répète.

Après avoir assistées à cet étrange cérémonie, nous retournons nous coucher (bah oui, 5 h du matin…) et prenons des forces pour grimper le Mont Phousi. En fait, il n’y a pas besoin de beaucoup d’énergie, ce n’est pas très haut. Mais nous restons là, à méditer et à regarder le soleil se coucher (que s’est-il passé entre 2 dans cette journée ? Bonne question). La vue est splendide et le spectacle aussi. Au milieu des nuages, le soleil sort ses plus beaux rayons pendant que locaux et touristes mitraillent le paysage.

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Oui, même les moines jouent le jeu

A la nuit tombée, nous descendons par l’autre versant et observons des tas de mini bouddhas dissimulés dans les fourrés. Il y a celui du lundi, du mardi, du mercredi… Un vrai jeu de cache-cache pour les trouver (et en plus il fait nuit). On fini par rentrer préparer nos affaires, le départ est pour demain…

Au réveil, on décide d’aller profiter encore un peu de ce que la ville a à nous offrir : direction le bar Utopia dont on nous a tant vanté les mérites. On embarque Thibaud en route, un français croisé à l’auberge qui prend le même bus que nous. Moment détente à Utopia… Quel lieu magnifique ! Dommage qu’on ne l’ai pas découvert avant.

On court prendre le bus de 14h30 pour Vang Vieng. Finalement on sera rejoint par Julie qui n’a pas réussi à se faire prendre en stop. C’est le début d’une grande aventure à quatre…

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One comment on “En route vers Luang Prabang : et le Laos nous éblouit”

  1. Houla mais il y a un nouvel article, j’avais pas vu!
    Haaa le Laos, que de souvenirs, et des bons souvenirs! Les Laotiens sont cools, ils ne se prennent pas la tête, c’est ultra agréable! Quant à Luang Prabang, j’ai tellement aimé que j’y suis resté 5 jours! 😉
    Et j’attends impatiemment la suite de votre récit, notamment le passage de la frontière aux 4000 iles vers le Cambodge (si jamais vous êtes passées par là!) pour savoir si vous avez tenu tête aux douaniers et agents de l’immigration qui sont encore plus véreux que ceux du nord du pays (et en plus les Cambodgiens s’ajoutent à la danse!)

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