Torres del Paine ou les tours de la douleur

Torres del Paine ou les tours de la douleur

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Alors là ça devient sérieux. Stop, coupez tout, ça rigole plus. On ne sait pas vraiment comment on s’est retrouvées embarquées là-dedans, mais une chose est sûre on l’a fait. Le trek du parc national de Torres del Paine. Ou 4 jours de lutte intense avec notre propre corps au milieu du paradis et de l’enfer.

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Reprenons. Nous quittons Ushuaia encore pleines de belles images dans la tête. Pour l’instant la Patagonie nous réussit bien, c’est beau, isolé et le temps nous est plutôt clément.
Après avoir enchainé 2 bus, 4 passages de douane (la Patagonie se partage entre le Chili et l’Argentine) et 12 heures de route, nous arrivons à Puerto Natales au Chili. Petite ville côtière faite de maisons en préfabriqué, calme mais un peu fermée. C’est le début de notre rencontre avec les vrais chiliens, ceux du bout du monde : froid à l’extérieur, chaleureux à l’intérieur. Notre hôte est de ce genre quoique un peu allumé et légèrement susceptible, mais ça nous le découvrirons plus tard. Pour l’instant nous sommes bien accueillies dans une petite bâtisse, les lits sont assez confortables, le chauffage au gaz brûle à fond. Au réveil, petit déjeuner pantagruesque. On se dit qu’on resterait autant là. Mais pas possible, nous avons une mission : partir randonner sur plusieurs jours en totale autonomie, avec notre habitation et notre nourriture sur le dos. Vous n’êtes sûrement pas sans savoir que ni Audrey ni moi sommes de grandes sportives et encore moins des hikeuses sur le long terme. Nous n’avons pour l’instant jamais fait de trek à part un vague souvenir de colo pour moi et le Mercantour pour Audrey. Et nous n’en gardons pas le souvenir d’un chemin de santé…
Posées à la table du salon de l’hostel, une immense carte du parc sous nos yeux, nous établissons notre chemin de route. Le parc national de Torres del Paine offre différentes options de parcours mais les plus célèbres sont le W et le O. Soit des chemins qui reprennent vaguement la forme de ces lettres quand on y regarde de près. Le W se fait en 4-5 jours et le O en 8-9. On vous laisse imaginer celui qu’on a choisi.
Dans la foulée on sympathise avec Jessica et Gillian, deux filles de notre âge qui se sont posées dans le même hôtel. Elles non plus n’ont jamais fait de trek et elles sont un peu paumées. A force de discuter, on se dit que ça peut être sympa de partir ensemble. Sauf qu’on ne veut pas tout à fait faire la même chose. Elles veulent faire le W d’ouest en est en 5 jours et nous l’inverse en 4. On coupe la poire en 2 : on ira d’ouest en est (le parcours classique) en 4 jours. Enfin, on va essayer…

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Le plan du trek de Torres del Paine : parcours du W

Les préparations

Nous nous rendons à la réunion d’information qui a lieu au base camp de la ville à 15 h. Et là on se rend compte du monde de fou qui est partant pour réaliser ce délire insensé. Le guide ne cesse de parler et moi de pâlir : il est question de 8 heures de marche en moyenne, de vingtaine de kilomètres par jour, de sacs d’une quinzaine de kilos, de pluie, de vent et de réservation de camping. Ah zut, on avait pas pensé à ça. D’après lui cependant, on est hors saison et les campings ne devraient pas poser de soucis. Ouais, bon, on verra bien, ce n’est pas le plus urgent. Allons chercher à manger.
Pour manger il faut faire simple et light.

En gros voilà ce que l’on a pris pour une journée type :
petit déjeuner : lait lyophilisé, muesli, café / thé
midi : tortillas (la grande découverte), jambon, fromage à tartiner, œufs durs
repas du soir : riz / pâtes préparées à réchauffer, sel pour assaisonner
divers : mélange de fruits secs, barres céréalières et trucs qu’on aime qui fait plaisir (= chocolat)
Et bien sur : réchaud, brûler et bouteille de gaz

Puis il faut s’équiper tout court pour bouger et dormir. On loue le principal de l’équipement à l’hostel :
– tente 2 places anti vent
– sac de couchage températures extrêmes (merci les + 3 kgs)
– matelas de sol
– bâtons de randos
– habits jours : le même pour toute la durée du trek (oui voilà, vous commencez à avoir une idée de la difficulté du truc qui ne réside pas uniquement dans l’acte sportif mais bien dans tous les détails du quotidien qui te poussent à bout…)
– habits nuits : idem
– frontale, couteau suisse, brosse à dent et un bon livre pour avoir au minimum un petit moment de détente.

Et nous voilà prêtes

Jour 1 : le glacier grey

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Lever à 6 h, départ à 7 h. Après 2 heures de bus nous arrivons aux portes du parc et embarquons sur un catamaran qui va nous laisser au premier camping de notre liste : le Paine grande, point de départ du W. Le chemin est majestueux. On en reste bouche bée. Lac bleu turquoise, plaines vallonnées, arbres centenaires et montagnes acérées. On se croit vraiment dans un paysage de film, de rêve, de lieu imaginaire. Le Torres del Paine nous accueille dans son domaine.
Nous accostons. Il est midi, on plante notre tente sous des bourrasques de vent, on déjeune vite fait et on court pour aller apercevoir le glacier grey. Le plan indique 3h30, soit 7 h aller retour, on a les petits sacs, on est motivées. Mais voilà, ça ne fait pas du tout 3h30. Au bout de ce temps là, on arrive à peine au premier mirador qui permet d’observer le glacier de loin. Après, rien à dire c’est splendide.

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Un choix se pose désormais : il reste plus de 4 kilomètres. Si on les fait on risque de rentrer dans la nuit et vu qu’on n’y connaît encore pas grand chose à ce parc, cette perspective est peu réjouissante. Audrey et Jessica décident de continuer malgré tout pendant que Gillian et moi restons posées sur le rocher à observer cet immense masse de glace.

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Puis nous rentrons au camping, préparer en avance le repas et attendre les autres. Première bévue avec le réchaud, je ne comprend pas comment fonctionne l’arrivée de gaz. Et je commence à perdre patience. Ce monde, ces tentes, ce gens épuisés (nous croisons certains randonneurs qui viennent de finir le trek et leur visage mi explosé – mi radieux ne me réjouit guère), tout ça… Ça ne me ressemble pas. Je me demande sérieusement ce que je fous là à essayer de réchauffer du riz à la milanaise en attendant angoissée que les autres reviennent dans la nuit. Et ouf, elles reviennent. Elles ont couru et n’ont finalement eu que 15 minutes dans le noir. Mais le bilan est là : les distances sont phénoménales, les conditions pas idéales, notre propre corps va devenir notre propre ennemi. Ce trek va être dur.

Jour 2 : la vallée francés

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Réveil morose. On a pas très bien dormi, il a fait froid, il a plu, il a ventu. On touille notre muesli / lait lyophilisé et tout ça paraît bien glauque. Les gens se pressent pour partir et moi j’ai juste envie de pleurer. Je me projette sur la journée : ça y, nous allons marcher des heures avec l’équipement, je ne m’en sens pas capable du tout. J’ai envie de faire marche arrière et je crois qu’au fond on y pense toutes un peu. Mais voilà l’effet groupe commence : on ne va pas abandonner maintenant. On remballe le matériel, on essaye d’équilibrer au mieux pour balancer le poids et en route. Pour détendre l’atmosphère et le stress ambiant on se raconte des conneries et on chante du Britney Spears.

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Ah ah ah… ça sourit encore…

Au bout de 30 mns, on en a déjà marre mais on ne dit rien. Objectif premier : atteindre le camping italiano. 2h30 de marche. Donc là, on ne réfléchit plus et on prend le rythme petit à petit. Les bâtons qui claquent sur la roche, les chaussures qui grattent les cailloux. Au bout des fameuses 2h30, le camping est en vu. Première étape, première victoire. Il est midi, on s’arrête pour manger vite fait. Audrey commence à avoir très mal au genou et accuse le coup de la veille. Elle reste se poser au camping. Jessica, Gillian et moi partons pour la vallée française, la partie centrale du W. On a encore coupé la poire en 2 : pour être sûre d’atteindre le prochain camping à 2h30 de là et économiser du temps sur le jour suivant, on décide de ne grimper que la moitié de la vallée. Choix judicieux, ça grimpe bien bien et la vue en haut du premier mirador nous suffit amplement.

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Vallée Francés

Gillian n’a pas suivi finalement mais a préféré s’arrêter méditer sur un rocher. “C’est ça aussi le trek, précise t elle, savoir ce que l’on veut au fond de soit et ne pas obligatoirement se forcer pour suivre le groupe.” Je valide mais je continue de grimper. J’ai envie de me rattraper de la veille. 2 h plus tard aller-retour, nos retrouvons Audrey au camping. Petite pause et mon dos me fait souffrir. J’ai l’impression d’avoir une côte déplacée, probablement due à la nuit en tente + le porté du sac de 15 kg. Ça fait beaucoup de choses d’un coup tout ça. Malgré la difficulté à respirer entièrement, je reprends le sac (pas le choix hein !) et c’est parti pour les 2h30 qui restent.

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Le soleil se couche lentement sur la baie. Nous longeons la côte. La route est si belle que nous oublions tous nos déboires.

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Et finalement cette portion ne nous prend plus que 2h. Très satisfaites, nous atteignons le camping los cuernos à l’aube. Une douche (froide), un paquet de riz et une bière plus tard, on se couche épuisées de fatigue.

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Jour 3 : sur le chemin du Torres

A la base, nous avions décidé de faire une grosse journée la veille pour avoir moins à marcher aujourd’hui. Donc on se lève un peu plus tard que la veille, le sourire aux lèvres et le lever soleil rougeayant en guise de réveil.

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Objectif : atteindre le camping las torres à 4h30 de là. Facile désormais. Mais comme tous les plans, il faut des contre – plans et vous vous doutez bien que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé.
Torres del Paine c’est le nom qu’on donne à l’ensemble du parc mais c’est surtout le nom du massif symbolique qui s’élève au milieu de tout ça. C’est la montée au sommet qui commence ou achève le trek, selon qu’on commence à l’ouest ou à l’est. Donc pour nous c’est sensé être le point final. Pour l’atteindre, 2 options : dormir au camping las Torres et prendre la journée du lendemain pour y grimper sans nos gros sacs (mais avec plus de 5 h de montée et l’impossibilité d’attraper le  bus de 14 h qui nous ramène à la ville) ou dormir au camping Torres ranger bien plus haut (donc à grimper avec nos gros sacs) et faire les 1 000 m qui manquent au petit matin pour apercevoir le levé du soleil (et avoir une heure de montée, 4 de descente mais attraper le bus de 14 h au lieu de celui de 19h – et après 4 jours de crasse ce détail a son poids dans la balance).
Donc le plan du moment c’est l’option 1 : objectif camping las Torres.

On marche à vive allure, ultra motivées d’en finir avec tout ça et quelle n’est pas notre surprise de voir qu’en 3h30 on est déjà au point de jonction qui définit le reste du périple : prendre le raccourci pour aller au sommet mais devoir atteindre au moins le fameux camping Torres ranger à 4 h de montée ou continuer tranquillement vers le camping las Torres qui n’est plus qu’à une heure en plaine et attendre gentiment que la journée se passe (avec la perspective de la montée du lendemain – ah ah ah)

Bref, bonnet blanc blanc bonnet, enfin pas tant que ça puisque le paramètre suivant entre en jeu : grimper ou pas avec les gros sacs. Le débat prend forme, ça cogite, ça argumente, Audrey a mal au genou, Jessica est motivée, Gillian veut en finir au plus vite et attraper le bus de 14 h du lendemain et moi… Je me retrouve avec une nouvelle force incroyable. Envie d’aller au bout et de terminer ce truc maintenant que j’ai encore des forces. Audrey rallie la majorité malgré son genou et prend sur elle pour continuer plus loin. C’est décidé : Torres ranger nous voilà.

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Les nouvelles pros du trekking, c’est nous !

Et on l’a fait. On ne sait pas trop comment mais on l’a fait. Arrivées au camping plus vite qu’on ne le croyait, on s’étale sur le sol, heureuses d’avoir presque finit ce cauchemar de boue et de sueurs. Nos pieds sont dans un état pitoyable et nos habits n’ont même plus d’odeur tant on s’est habituées aux effluves de sueur. A nouveau : riz et bière (pas de douche cette fois-ci). Et au lit parce que demain c’est départ à 6h pour le lever de soleil du haut des tours de la douleur…

Jour 4 : Torres del Paine

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Aujourd’hui c’est fini. On se lève et le mot d’ordre est donné : “let’s finish this shit!”. Bâtons au poignet, on se lance dans la montée.
On dirait une armée de militaire. En rang, bien droit et bien serré, frontale enclenchée. On monte la dernière partie qui nous amène au sommet. Il fait toujours nuit et froid quand nous y arrivons. On s’installe avec tout ce que nous possédons pour nous réchauffer et on attend bien sagement que le soleil veuille bien se lever. Tout est calme et imposant. L’émotion est palpable. Mais, si le soleil a bien décidé de se lever, les nuages en ont décidé autrement. On voit bien le jour pointer son nez, mais les lueurs rouges aperçues la veille ne récidivent pas ce jour là. Par contre surprise… Il neige. On a super froid mais Gillian, qui est australienne, est aux anges : c’est la première fois qu’elle voit la neige tomber.

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Les fameuses 3 tours du Torres del Paine

Mais pas le temps de trop en profiter, à 8h, il faut partir pour redescendre et tout remballer sur le camping (objectif : décoller à 9h30 grand max pour être dans la plaine à 13h30 et attraper ce fameux bus de 14h). De là l’opération commando continue : tentes et sacs faits en temps chrono. Je m’épate toute seule.
La descente n’a pas trop d’intérêt à part pour préciser qu’on réalise que le chemin via le camping las Torres est bien plus vertigineux que celui qu’on a fait la veille via le raccourci (et là on se félicite de notre décision de grimper directement avec les gros sacs). Arrivées au sol à 12h30 (nous sommes devenues des wonderwomen au final) on s’écroule de douleurs et d’épuisement. Une dernière bière pour fêter ça. Et c’est la délivrance quand le bus de 14 h vient nous chercher.

Torres del Paine, 4 jours, 3 nuits, on l’a fait. C’était énorme, beau, intense et dur. Mais une chose est sûre désormais : toi et moi, plus jamais.

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L’équipe de warriors au grand complet : Gillian, Jessica, moi et Audrey

Céline

PS : un grand merci à tous les malins qui nous ont dit au départ que “c’était pas si dur au final et que tout le monde pouvait le faire” parce que SI. Ce trek est très très dur. Il faut vraiment l’avoir en tête quand on s’y lance. A la limite je conseillerais de commencer par un autre trek ou quelque chose d’organisé avec muletier et tout pour s’y préparer. Après, ça en vaut la peine, oui et non. C’est sûr qu’on ne regrette pas du tout, on est super fières de nous mais on en a vraiment ch….

7 comments on “Torres del Paine ou les tours de la douleur”

  1. SANNER Jacques says:

    mercredi 13 avril
    Nous avons pensé à toi ce lundi 11 avril en se demandant où tu pouvais bien être. Nous attendions d’avoir ce nouvel épisode pour te souhaiter un excellent anniversaire;
    Comment pourrait-il ne pas être excellent, avec tout ce que tu écris: grande victoire sur toi-même (aussi pour Audrey bien sur), c’est une étape dans la vie d’avoir réalisé ça, bravo! c’est pas du clé en main, faut la mériter, se surpasser et ça, c’est beau . En plus, un joli récit à suspens. On sent bien que là tu as passé un cap, t’es à fond dans le sujet et on reste suspendu à vos lèvres (façon de parler) pour la suite.
    Jacques et Catherine

    1. Merci les Sanner !

      C’est vraiment adorable et ça me booste pour continuer l’écriture. Après je pense qu’il y a des choses qui sont si fortes qu’elles transparaissent à travers les mots. Et là j’ai vraiment décrit exactement ce que l’on a vécu. Il est étrange également de réaliser la résilience de notre propre corps. Aujourd’hui, soit plus d’un mois après, ça ne me paraît plus si affreux que ça alors que je me souviens avoir vraiment eu mal et peur de moi même. C’est vrai que ce voyage c’est une lutte sur plein plein de point et c’est quand on est au bout de tout qu’on le réalise vraiment. La faim, le froid, l’effort… On ne vit pas ça en restant dans son petit confort. Mais on est bien content de le retrouver après !
      Encore merci pour les super mots que vous m’avez écrit. Mais je persiste et signe : les treks, la montagne et tout le tralala… C’est pas pour moi 😉

  2. Bonjour les filles.
    Avec un peu de retard, voici mon petit message.
    Bravo, chapeau, Félicitations………..
    Courage et mental ont dû être nécessaire pour faire ce trek et aussi de le réussir.
    Mais le plus dur n’a t’il pas été de prendre la décision de le faire quand on connaît un peu votre histoire.
    Enfin, bref, le principal c’est d’avoir réussi sans trop de galères.
    Un moment qui restera gravé et qui vous permettra certainement de renouveler la chose quand une belle opportunité se présentera à vous.

    Merci pour ce joli résumé et ces belles photos.

    Kevin

    1. Merci Kevin !

      Tu pourras nous demander tous les tuyaux que tu veux quand ce sera ton tour (et si tu as prévu d’y aller) !
      Mais tu peux éviter de faire tout le trek, juste une journée pour monter au Torres peut suffir même si l’ensemble est splendide, il faut l’avouer. Après c’est plus l’aventure humaine qui a été intéressante au final puisque des paysages pareils tu en verras dans toute la Patagonie. Enfin, à voir ? Tu comptes faire quoi au fait ?

  3. Ca y est moi aussi, il m’a fallu 5 jours de treks intensifs, de pulsions courageuses, d’une pure auto motivation pour, enfin, franchir le pas et lire ton message.
    En ce moment, je suis fragile, le docteur m’a dit qu’il fallait faire attention aux émotions qui me traversent le bulbe, et qu’en plus des roses, il me fallait prendre les bleues (les p’tites bouboules).
    Alors quand j’ai lu «Alors là ça devient sérieux. Stop, coupez tout, ça rigole plus. », j’ai pas osé aller plus loin … peur de retomber et de devoir prendre les vertes (les p’tites bouboules).

    Et puis la révélation ! Un commentaire de Kévin, il avait survécu à cette lecture et, en sauveur, me montrait la voie. Il me fallait l’aval d’une personne pas complètement finie. Désolé Kevin, beaucoup de personnes m’ont dit que quand on voulait entreprendre un tour du monde quelques chose devait manquer dans le dedans de soi. Moi qui avait toujours cru qu’on voulait voyager parce qu’on avait quelque chose en trop, j’avais tord.
    Et puis vous connaissez le proverbe: « la majorité a toujours raison … alors prends tes pilules, les roses, les bleues, les vertes et puis tais toi»
    Donc ce soir, je me suis lancé donc mon Trek à moi : la lecture de ton trek à toi …

    Et là, pour une fois, je n’ai rien à dire … ou à écrire (c’est faux … je viens de me relire, y’en a encore après … le menteur).
    J’ai simplement ressenti votre expédition, cette lecture, c’était une émotion. Le 2ème jour au matin, une envie de pleurer, comme cette envie de ne pas aller à l’école, de rester à la maison, de jouer dans sa chambre, regarder la télé, manger des frites et faire des calins à maman et le 4ème jour l’envie d’en finir, mais pas petitement, l’envie d’ACCOMPLIR ce pourquoi on est venu.
    Dans mon petit dictionnaire, mon petit cerveau à trouvé un mot pour qualifier cette état : « Renaissance » (Mais nan, pas le mouvement qui a débuté en France au XVeme …).
    Ce que vous avez vécu de « remarquable » est simplement là … dans cette façon d’avoir voulu y arriver, dans les images qui resteront dans les cerveaux et les carte SD, dans les émotions vécues et dans ce sentiment d’y être arrivé … … le reste n’a au final que très peu d’importance … (je n’ai vu que des sourires sur les photos … 😉 )
    Et puis comme disait un chinois célèbre (non pas lui l’autre) : « L’important n’est pas le but mais le chemin pour y parvenir »

    Pour finir j’aimerais mettre en perspective une de tes phrases : « Mais une chose est sûre désormais : toi et moi, plus jamais. » avec une citation d’une auteure que j’ai lu sur un blog il y a peu. Elle a écrit, le 5 février dernier cette phrase qui m’est restée « il ne faut jamais dire fontaine… » (je ne boirai pas une seconde fois de ton eau …). Attends que je retrouve le lien sur ce blog, Ah ! Le voilà : http://wildway.fr/index.php/2016/02/05/enfin-la-paix-a-la-paz/
    Elle est pleine de sagesse cette phrase … non ? 🙂

    Et puis malgré le « comme c’était trop dur », ou le « oh la la y sont pas gentils les gens qui nous ont dit « c’était facile », à la fin de ton texte les 2 bords de mes lèvres s’étaient rapproché de mes oreilles … car il y avait cette phrase : « on ne regrette pas du tout, on est super fières de nous » et bizarrement on a quand même envie de le faire … ce trek 😉

    Note à moi même: « le vrai Chilien et froid du dehors et chaud du dedans », un peu comme un mi-cuit au chocolat de Christophe Michalak, c’est bon à savoir 😉
    Sur ce bon ap’

    1. Alain,

      Voyager au bout du bout c’est voyager au bout de soi. Je ne t’apprends rien. Et je suis têtue. Alors j’ai beau savoir que je n’aime pas la montagne autant que la mer, il a quand même fallu que j’aille en rando prolongée dans les montagnes de Patagonie pour l’accepter enfin. Mais bon, il n’est jamais trop tôt ni tard, ça dépend d’où on se postionne. Donc oui, jamais dire jamais mais la fontaine a le temps de se tarir d’ici que j’y retourne (et en soit, maintenant que c’est fait, ça serait un peu con de récidiver sachant qu’il y a la route 66 et le Taj Mahal qui attendent dans un petit coin de ma tête)

      Sur ces belles paroles, je te remercie chaudement pour ton commentaire et je te souhaite également un bon appétit

  4. Chapeau ! Surtout à toi Audrey, avec ton genou en plus… Déjà que sans ça ce doit être très dur mais alors là… J’ai aimé le passage ou vous courrez dans la nuit pour retrouver les autres au camping 😀

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