Arequipa : mono blanco et queso helado

Arequipa : mono blanco et queso helado

Cusco – Arequipa : 10 h de bus de nuit avec des familles péruviennes qui se partagent un fauteuil pour 3. C’est folklo, le chauffage au maximum, les enfants qui hurlent, le vieux films sous-titré en mauvais anglais, mais de toutes façons on dort. Arrivées à Arequipa au matin, on file au centre et on démarche les hôtels. On tombe sur un bon rapport qualité / prix (le el caminante avec sa terrasse à 360 degrés) juste à côté du monastère Santa Catalina. L’après-midi, c’est parti pour le free tour à 15h. Bien nous en prend, le guide est passionnant et passionné (presque un peu trop) et on y apprend en vrac que cette ville est fondée sur des incompréhensions de langues :
Arequipa viendrait du quechua “arequipay” voulant dire “bienvenu” en quechua. Ce que les locaux ont dit aux conquistadors venus les piller. Bien sympa les incas
– le Misti (le volcan qui domine la ville à la manière du mont Fuji au Japon) tient son nom d’un archéologue anglais disant “that’s a mistery” (et les péruviens ont compris misti)
– que les cochons d’Inde s’appellent “cuy” (dire couille s’il vous plait) parce que c’est le cri qu’ils font (cuy cuy) et les bébés sont des “oins oins” en quechua

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Le volcan Misti (un petit air de Mont Fuji)

Ensuite c’est le bilan sur le mix européen – sud américain. Les bâtiments, les œuvres d’art de la ville recèlent de mélange des genres : un bout de maïs (Amerique du Sud) est interprété pour du raisin (Europe) et vive et versa. Les entassements de pierre côtoient les constructions romantiques. Les blancs se mélangent aux noirs et asiatiques (considérés comme les esclaves de l’époque) dans les peintures. D’ailleurs Arequipa tient son surnom de ville blanche, non pas à cause de sa blancheur étincelante, mais bien parce qu’au bout d’un moment elle était remplie de… Blancs européens.

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La façade d’une église : maïs ou raisin, c’est vous qui voyez

Sur ces belles paroles, nous finissions le tour avec un pisco sour (qui tient lui son nom du récipient qui servait à protéger le fameux liquide des oiseaux, oui ok, on arrête là la partie culture) et on va goûter la spécialité locale en matière de dessert : le queso helado, littéralement la glace fromage. Hum. Donc non, ce n’est pas une glace avec du fromage (ouf) mais bien un mélange de vanille, noix de coco, canelle, fleur d’oranger soit disant coupé en tranche comme du fromage. Nous on l’a juste eu dans un verre en plastique mais, peu importe, c’était la fête du queso helado dans les rues et on a gouté à des champions locaux.

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Le queso helado : miam miam

Enfin, on va voir l’église Santo Domingo de la place des armes. Elle est ouverte au public (et gratuite) à l’heure des messes (17-18 h) et l’on peut y admirer une splendide sculpture de Lucifer et le portrait du fameux Saint Dominique grimé en Lenine (pour celui ci on cherche encore). On finit la journée au Mono Blanco, un bar très sympa à prix légers (et à la sangria bien dosée) où l’on retrouve Silvia, une italienne croisée à Lima. On va manger un bout au Misti Grill, rue Jerusalen (encore un bon rapport qualité prix et on mange ENFIN des légumes) puis on sort dans un club à musique occidentale. On ne pousse pas le bouchon trop loin : demain on part pour le canyon de Colca.

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L’église Santo Domingo sur la place des armes

Le Canyon de Colca : le Colorado à 6 h d’Arequipa

Audrey et moi sommes devenues de vraies aventurières : on dit “non” aux agences de voyage et on veut aller au Canyon de Cola par nous mêmes. On voit vaguement qu’il y a un bus à 14 h, on profite de la matinée pour aller voir le monastère de Santa Catalina avec Luc, notre pote français qu’on n’arrête pas de croiser sur la route. Incontournable de la ville, même pour les 40 sols que coûtent l’entrée, le monastère nous accueille de son arche “silencio”, où autrement le passage obligé des nouvelles sœurs arrivées dès leur 14 ans, condamnées au silence entre un et quatre ans. Le ton est donné. Nous n’en dirons pas plus pour ne pas gâcher le mystère mais voici quand même quelques photos :

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IMG_6291Puis nous filons comme des flèches (c’est le cas de le dire) au terminal de bus. Ouf, le transport convoité existe bien, et nous retrouvons à l’intérieur Johnas, un hollandais croisé au Machu Picchu et sa copine Natalia, une Argentine. Le monde est définitivement bien petit et nous décidons de randonner ensemble. Reste à se mettre d’accord sur l’itinéraire… Nous sommes paresseuses et voulons juste aller à l’oasis central puis revenir, ils veulent pousser jusqu’à Tapay, à 4 h de route, en montée de plus. On coupe la poire en deux et nous irons ensemble à l’oasis puis ils continueront la route. On dort donc à Cabanacondé, point de départ de la rando, et on part le lendemain matin pour les terres arides du canyon. Un petit détour au mirador de la ville, on y voit un condor, c’est toujours ça de pris.

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Le Canyon de Colca vue du dessus

De là, des guides nous tombent dessus pour que l’on achète leur fameux boleto touristico à 70 sols (obligatoire pour descendre le canyon), on leur dit qu’on est originaire d’Argentine (“si si que bueno”) et on ne paye que les 40 sols prix spécial Sud Américains. Ben bravo, à peine un mois en Amérique du Sud et j’ai déjà l’air d’une Argentine… Dans 6 mois on me prendre pour une Viêt Namienne. Puis ça descend sec jusqu’à Sangalle, le fameux oasis. De la terre, des cailloux, du dénivelé, les genoux en prennent pendant plus de 2 h, nous sommes exténuées à l’arrivée. Mais pas trop déçues : ce petit oasis et ces 5 mini hostels avec piscine naturelle, sont plutôt charmants bien qu’un chouilla ultra touristique. On opte pour le paradisio Las Palmas Lodge : très bon choix, c’est beau, c’est clean, c’est tondu, même si les repas et l’eau ne sont pas donnés (ah bah oui, faut y aller pour se ravitailler au fond du canyon).

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Une des piscinas de l’oasis de Sangalle

De là on abandonne nos téméraires acolytes qui veulent mordicus aller à Tapay alors que la piscine turquoise les appelle à se poser tranquillement. Nous… On plonge. Et on se relaxe, les doigts de pied en éventails dans les hamacs à disposition. Le soleil se couchant tôt (16-17 h à cette période de l’année) et devant encore se lever aux aurores, on finit la journée dans nos bungalows à 21 h. Le lendemain… Il faut remonter !
C’est donc ce que nous avons fait (pas le choix en fait, à moins de vouloir passer son PEL dans les bouteilles d’eau à 3 € de l’oasis) et avec beaucoup de force et de robustesse, on arpente les 1100 m de dénivellé, se battant contre la poussière et les pierres roulantes. 3h30 de combat et on s’écroule dans le premier bus qui retourne à Arequipa.

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On hésite à repartir direct pour Puno, mais c’est dur, on a besoin de se poser un peu. Ça tombe bien, Clara (rencontrée en même temps que Luc) est de passage dans la ville avant de remonter vers l’Amazonie. On passe donc la soirée ensemble et on s’obstine à vouloir manger du cochon d’Inde. Sans commentaires, la photo parle d’elle même, âmes sensibles s’abstenir…

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Hum… le Cuy c’est… Yummy !

Céline

 

6 comments on “Arequipa : mono blanco et queso helado”

  1. Eh bien, quel récit hyper détaillé.
    Ton espagnol doit être excellent pour avoir tout compris et bravo pour avoir tout retenu.
    On voit qui est le cerveau de l’équipe. Lol.
    Je rigole Audrey….
    Au début je voulais te demander si vous aviez goûté la spécialité ( le cuy).
    Des amis m’avait dit que c’était tendre et bon.
    Ils avaient même dormi chez des gens qui en élevait.
    Ils étaient sous les lits, et ils mangeaient de l’herbe toute la nuit et couinaient.
    Ils avaient passé une super nuit.
    Bravo pour la randonnée, dans 6 mois vous n’aurez plus peur de faire 4h de marche.

    Ah bientôt pour la suite…..

    Kevin

    1. Merci Kevin mais le guide parlait anglais, facile quand on a habité 3 ans à Londres. Mais j’avoue, Céline prend les notes et moi je révasse, prend les photos. Moi les explications au bout d’un moment ça m’ennuie. Comme dirait certains de mes amis, j’ai la concentration d’une huître, environ quelques secondes.

  2. hey ! chouette récit c’est comme si on y était ! oui Céline, tu es le cerveau !! on le sait ! bisous

  3. Très chouette à lire. Une sorte de guide touristique à la mode routarde. C’est peut-être un concept à creuser non ? Un guide !
    Voir mieux un guide double : d’un côté les récits de Céline, un peu d’histoire, un peu de culture locale, les choses à faire (ou non), et de l’autre les humeurs  d’Audrey, les anecdotes, les petites histoires parsemées d’humour. Un guide à double emploi : “une page cerveau et une page cœur”. Y’a un concept je vous dis … : “The wild ways of a Brain and a Heart around the world !”

    Et sinon Audrey, les huitres ont peut-être une déficience de concentration mais dans certaines on y trouve des perles …
    Ouais …  le mercredi matin j’suis un bisounours …

  4. Passionnant de vous lire ! Suis d’accord avec les propos d’Alain.
    Grosses bises à notre Célinette (et à Audrey également) et bonne continuation!

  5. J’aurais bien aimé voir le lama avec veste et lunettes mais bon celui-ci est cool quand même 🙂 Et puis savoir qu’un ouin-ouin c’est un bébé cochon d’inde… Je le replacerai ça !

    Par contre, on ne dit pas cabanacondé mais commissariat d’abord 😮 Ok je sors ^^

    La piscine donne vraiment envie

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